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  • Benoit Bail

Qui était W. L. Weller?

Mis à jour : 26 sept. 2020

J'ai récemment acquis une bouteille de Weller Special Reserve et je me disais que ce serait une bonne occasion de t'en parler.


Mais avant de parler de cette cuvée, voyons déjà qui était M William Larue Weller.


Né en 1825, William Larue Weller aurait été le petit-fils d’immigrants allemands venus dans le centre du Kentucky en bateau en 1794 et qui se sont installés près de Bardstown vers 1800. 


Comme beaucoup de petits agriculteurs à l’époque au Kentucky, le grand-père de Weller était également un distillateur. Contrairement à de nombreuses familles d'agriculteurs du Kentucky cependant, les Wellers étaient destinés à s'appuyer sur leur fabrication de whisky, plutôt que de la traiter comme un simple passe-temps secondaire.



Dans les années 1840, W.L. Weller a déménagé à Louisville et, en 1847, il a rejoint la brigade de Louisville pour partir combattre dans la guerre du Mexique. 

Après la guerre, Weller est devenu négociant avec son frère Charles, et ont commencé à vendre leur propre marque de Whiskey avec le slogan «du Whiskey honnête à un prix honnête»


C'est durant cette période que W.L. Weller était censé avoir inventé le « wheated bourbon », dans lequel le blé vient remplacer le seigle dans la mashbill, produisant ainsi une saveur plus douce et plus riche. 


L'ironie est que William Larue Weller & Brother, en tant que société de négoce et d'embouteillage de whiskey, ne possédait ni n'exploitait de distillerie propre à l'époque. Leur célèbre contribution à la fabrication du whiskey américain ne pouvait donc que provenir de bourbon fabriqué sur commande.


Les «wheated bourbon» originaux de Weller sont devenus extrêmement populaires, avec un goût plus doux. 


Son bourbon était d’ailleurs si populaire, que Weller aurait été obligé de mettre une empreinte de pouce verte sur ses bouteilles et fûts éviter les faussaires.

La guerre civile éclata et provoqua de grands bouleversements dans le clan Weller, à tendance sudiste (personne n’est parfait). Deux des frères de Weller se sont d’ailleurs battus pour les Confédérés.

William et Charles, eux, sont restés à Louisville et ont essayé de rester neutres pour vendre autant de whiskey au Nord et au Sud que possible. Dans une autre ironie familiale, alors que ses frères étaient à la guerre, Charles était celui qui avait perdu la vie durant cette période, car il avait été assassiné par des bandits en 1862 alors qu'il tentait de recouvrer une dette commerciale dans le Tennessee. 

Après la guerre, le John rejoint l'entreprise familiale en remplacement de Charles. Au fur et à mesure que ses fils grandissaient, ils se lancèrent également dans l'entreprise et, dans les années 1870, l'entreprise avait déménagé dans la rue principale de Louisville et était connue sous le nom de «William Larue Weller & Sons».  Pourtant, c'est en 1893 que Weller a fait son deuxième pas vraiment significatif dans l'histoire du whiskey américain, lorsqu'il a embauché Julian Van Winkle (coïncidence?).  Plus tard connu sous le nom de «Pappy», Van Winkle a fait ses débuts dans le commerce du whiskey en travaillant pour Weller. Quelques années plus tard, Weller a pris sa retraite, laissant l'entreprise à son frère John et à son fils aîné, George. Il mourut en 1899 à Ocala, en Floride.

En 1909, la société éponyme de Weller a fini par fusionner avec son ancien employé Van Winkle, qui détenait la «A. Ph. Stitzel Distillery » pour former la distillerie la plus célèbre de tous les temps: « Distillerie Stitzel-Weller »

Il est devenu célèbre pour des marques telles que W.L. Weller, Pappy Van Winkle, Old Fitzgerald, Rebel Yell et Cabin Still..  D’ailleurs, il est intéressant de noter que les deux marques de bourbon (Weller et Van Winkle), appartenant aujourd’hui à Buffalo Trace, sont toutes deux encore produite en suivant la « wheated mashbill » de la distillerie où l’on remplace la part de seigle par du blé. (Je t’en parlais d’ailleurs dans mon article de la semaine dernière.)


Aujourd'hui, le nom de William Larue Weller continue donc à exister chez Buffalo Trace avec des produits comme W.L. Weller 12 ans, W.L. Réserve spéciale Weller ou encore dans l'Antique Collection avec W.L.Weller.


Note de dégustation


Comme je te l'ai expliqué au départ donc, j'ai récemment acquis une bouteille de ces fameux Weller, à savoir le Weller Special Reserve (nouvelle version, étiquette verte), qui est un NAS, mais qui aurait au moins 7 ans d'âge.  Coup de chance, je suppose, la gamme se faisant assez rare sur le marché.

Et donc, je me suis tout simplement dit que j'allais te faire un petit retour sur ce produit que j'ai dégusté dans la foulée. 


Tout d'abord au nez, du haut de ces 45%, on ne retrouve rien d'agressif, mais plutôt un côté chaleureux rappelant les épices de noël et des pâtisseries aux raisins sec et à la cannelle (là d'où je viens on appelle ça des escargots). On termine sur des effluves de fruits secs, de pruneaux et de toffee. C'est très gourmand et finalement assez similaire à certains rhums agricoles je trouve.


Enfin passons au goût...

En bouche, c'est doux et léger. On est loin de toute agressivité sur celui-ci. Que de gourmandise avec un côté très pâtissier allant vers le bonbon au caramel, pour finalement finir sur des fruits séchés (surtout mangue et ananas) et une légère touche de boisé. 

Clou du spectacle, la finale...


Moyennement longue, je l'avoue, avec un petit goût de "pas assez", cette dernière est surtout assez mentholé. Une note que j'ai retrouvé dans le Buffalo Trace classique également... 


On y retrouve cependant toujours ce ôté de fruits secs et une pointe de miel. Délicieux!

Voilà, une fois de plus c'est tout pour moi. J’espère que ce petit mail t’aura plu et que nous pourrons éventuellement boire un verre ensemble bientôt. 


En attendant la semaine prochaine, je te dis à plus!

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