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  • Benoit Bail

Les vacances d'automne chez Pappy...

Récemment mon cher ami Olivier Scars du blog whorhumtheworld.com et moi-même, avons eu la chance de réunir une série de samples de bourbons hors du commun! (Enfin surtout lui et il a bien voulu partager avec moi! Merci!)


Et pour dire, nous avons même fait deux vidéos de notre dégustation gargantuesque dont la première est déjà disponible sur YouTube à l'heure où je te parle (ou en bas de ce mail) 😉.


Néanmoins j'ai décidé de me replonger dans cette série de bourbons exceptionnels pour me faire un second avis plus approfondit et de t'en faire part bien évidemment. 

Et nous commençons fort aujourd'hui, avec un bourbon dont je n'ai pu que rêver jusqu'à lors devant des sites de ventes aux enchères, car bien en dehors de mon budget malheureusement, je parle du Pappy Van Winkle 15ans. 


Ce nectar est aujourd'hui tellement prisé que les quelques cavistes américains qui se voient allouer des bouteilles, organisent des système de loterie pour leur clients les plus fidèles afin de remporter le Saint-Graal: Une bouteille de Pappy Van Winkle. 

Chaque automne, la distillerie Old Rip Van Winkle (la version 2014 aura entièrement été distillée par Buffalo Trace, à l'exception de quelques barils de Stitzel-Weller) sort sa gamme de bourbons et d'un rye: 

  • Pappy Van Winkle 23 ans

  • Pappy Van Winkle 20 ans

  • Pappy Van Winkle 15 ans

  • Van Winkle Special Reserve Lot B 

  • Old Rip Van Winkle 10 

  • Van Winkle Family Reserve Rye

Celui auquel je vais m'attarder aujourd'hui sera tout simplement donc le 15 ans, histoire de me faire une idée du produit "moyen" de la gamme appartenant donc aujourd'hui entièrement à la distillerie Buffalo Trace où il est produit. 

Les bourbons de la marque Pappy Van Winkle sont des bourbons fait avec comme grain secondaire du blé, dans leur mashbill. Au même titre donc qu'un Weller (produit par la même distillerie), mais également le fameux Larceny dont je te parlais dans un article précédent et tu sais à quel point j'aime les "wheated bourbons".


Mais avant toute chose, qui était "Pappy Van Winkle"?


Le fameux Pappy Van Winkle a donc réellement existé et n'est pas le simple fruit de l'imagination d'un marketeux ambitieux. Son vrai nom était Julian Proctor Van Winkle Sr. Sa devise était de faire du bon bourbon avec peu de profit, mais voir à perte si nécessaire, du moment que c'était du bon bourbon. Ironie quand on pense aux prix de revente des bouteilles de la marque aujourd'hui.

Il a commencé en 1893 et travaillait comme commercial pour le W.L. Weller et fils. Il achète plus tard, avec un ami, une distillerie de bourbon appelée A.Ph.Stitzel. Cette distillerie fabriquait à la base du bourbon pour le compte de Weller.

Finalement, les deux entités fusionnent et deviennent la distillerie Stizel-Weller en 1935. Elle a rapidement gagné en notoriété pour son bourbon qui remplaçait le seigle des mahsbills par du blé, ce qui créé un goût plus doux et gourmand. Pappy Van Winkle reste fortement impliqué au sein de la distillerie jusqu'à sa mort en 1965.

La fabrication du bourbon dans la famille Van Winkle ne s'est cependant pas éteint avec le décès de Pappy. Son fils a, par la suite, continué à diriger la distillerie jusqu'à ce qu'elle soit vendue en 1972. 

Pappy avait à la base lancé une marque appelé Old Rip Van Winkle un peu avant la prohibition. Son fils a repris cette dernière en 1981, après la revente de la distillerie. Aujourd'hui, il continue de diriger la marque Van Winkle avec son propre fils à la distillerie Buffalo Trace.


Ce qu'il faut savoir, c'est que seulement 7.000 caisses de Pappy Van Winkle sont produites chaque année, soit environ 84.000 bouteilles. Si ce nombre paraît important, n'oublions pas qu'environ 95% de la production de bourbon mondial est fabriqué dans le Kentucky et que près de 1,9 million de fûts sont produits chaque année. Question de perspective donc... De plus, les bourbons Pappy Van Winkle sont également vieilli pendant très longtemps, ce qui en fait des produits long à produire, mais également rares de par la grande part des anges qui vient dévorer une énorme partie de la production, ce qui explique (en partie), le prix des bouteilles.


Mais d'où vient donc toute cette notoriété?


En 1996, un commercial de la marque a soumis une bouteille de Pappy 20 ans au "Beverage Testing Institute", une société de services marketing qui fournit des avis sur les spiritueux, les vins et les bières. 

Là, il obtient une note de 99/100. Cela a attiré l'attention des amateurs de spiritueux du monde entier et a fait grimper la demande. 

Jusque là, un coup de chance dirons-nous, mais ce qui est le plus dingue dans cette histoire, c'est que cela s'est produit par "accident". Julian Van Winkle s'est retrouvé avec de nombreux fûts de bourbon en vieillissement à cette époque, parce qu'il n'avait pas atteint le marché de masse, comme ses concurrents. Ces stocks de bourbon invendus ont fait qu'il disposait, dans les années 90, de fûts beaucoup plus vieux que ceux de la concurrence, atteignant des comptes d'âge inouï dépassant facilement les 12 ans habituels que l'on retrouve auprès des autres marques. À partir de là, étant devenu l'un des bourbons les plus âgés sur le marché et suite aux résultats au Beverage Tasting Institue, les whiskeys de chez Pappy Van Winkle sont aussi devenus les plus prisés du marché, jusqu'à aujourd'hui.


Alors gustativement, ça vaut quoi?


Au nez, on retrouvera des notes riches de sucre brain et surtout de bois humides, beaucoup de bois... Un profil qui peut plaire aux amateurs du genre...

En bouche, on a une palette d'arômes plus large avec des notes boisées, mais aussi de la vanille, très présente dans les bourbons de manière générale, du toffee, avec de légères notes de noisettes et d'orange.

La finale est longue et gourmande et on y retrouve finalement les notes de grains discrètes durant toute la dégustation.


De manière plus générale, je comprends ce que les gens aiment dans ce produit, mais je suis nettement d'avis que l'on peut trouver des bourbons tout aussi savoureux et intéressants, sans pour autant casser sa tirelire.


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